Quelle aide attendre des CaféSéditions ?

Nous nous cherchons, nous nous débattons face aux contradictions où nos existences nous poussent, nous n’avons pas de monde précis à offrir (qui en serait donc capable ? à part les faiseurs d’illusions ?), et le structuralisme reste un modèle de pensée inaccessible à la plupart, sinon à tous, et à moi-même qui suis revenu de mes enthousiasmes de jeunesse pour Claude Lévi-Strauss (je suis l’éditeur de Jean Monod, anthropologue de l’histoire, par ailleurs transfuge de la chaire du Collège de France que celui-là lui avait créée).
Bref, si relation d’aide il y a dans ces caféSéditions (nom que je préfère à celui de Café philo), c’est à double sens, en don et contre-don spirituels, de pensées échangées, de questions en réponses.
Dit très vite, je voudrais que dans nos discussions, les uns et les autres, nous puissions nous aider à cesser de mesurer nos vies par rapport à ce que les normes sociales disent que la vie devrait être.
Je voudrais que nous puissions nous aider, les uns et les autres, à questionner la soi-disant objectivité, la rationalité, l’expertise et les pratiques d’interprétation de quelque école, groupe ou personne qui soit.
Je voudrais remettre en question les idées préconçues, les présuppositions et les présupposés, les préjugés, les stéréotypes, les clichés, surtout ceux qui sont installés implicitement ou explicitement dans le langage, imprégnés dans nos façons de parler et de faire.
Je voudrais que nous parvenions à considérer les histoires personnelles, et déconstruire les rituels, dévitaliser les actions qui interfèrent en nous, et nous ont trop imposé, subrepticement, à notre insu, depuis l’enfance, des schémas éculés et fallacieux, dangereux pour la suite des relations humaines.
Je voudrais que l’on s’aide ensemble pour sortir nous-mêmes de nos enfermements mentaux, de nos schémas souvent sclérosants entre Bien, Mal et pseudo-neutralité. Car nous avons à prendre conscience que nos existences souffrent moins du manque d’autonomie que de l’excès d’hétéronomie (l’autonomie, c’est la loi de soi-même ; alors que l’hétéronomie c’est la loi des autres).
Je voudrais entretenir un art de la conversation, non formel et non formalisé, qui prenne en considération cette idée de la réelle démocratie maintenant, à savoir que le pouvoir de tous par tous n’est pas un programme, mais une méthode de vie ensemble, une acceptation des différences.
Je voudrais que nous explorions en groupe la manière d’impliquer les témoignages dans nos travaux de réflexion, ici et maintenant.
Je voudrais pouvoir apprendre à développer avec vous des pratiques de vérification des conséquences de nos entretiens, ensemble, puis à l’extérieur, dans nos sphères respectives d’existences.
Je voudrais que l’on élabore une école pour mieux vivre en refusant rigoureusement les effets néfastes et mortifères des modèles en concurrence, et, surtout, surtout, surtout, je voudrais pouvoir échapper aux institutions dominantes, qui n’ont jusqu’à présent que trop écrasés nos libertés de penser et nos consciences au monde et à l’existant.
J’espère donner quelques pistes à travers ce petit inventaire.chaine-brisee.
Et à très bientôt peut-être ?

Discussions libres

+ Sur l

Nos positions et nos lectures se discutent

Elles peuvent déboucher sur des décisions et des actions, collectives ou individuelles : écritures, démarches, publications, interventions…
L’idée est de se retrouver, mois après mois, selon le rythme de chacun (soit en tout petit comité soit en cercles plus larges), autour d’une question lancée par les participants de nos caféSéditions.

Sur le principe du temps qu’on se donne pour réfléchir aux décisions à prendre

Venir à son rythme, physiquement, sur place, avec des propositions traitant des sujets fournis par voie de presse et d’affichage, ou par liste de diffusion, forum, blog et site.

On peut également participer de loin :

  • soit par video conférence (s’il existe des alternatives à Skype, Google et à FaceBook, faites-le nous savoir, nous préférerions, vraiment, échapper aux mouchards du marché)
  • soit par écrits papiers
    adresse : ABC’éditions 6, rue du Majou 46300 Gourdon (on peut préciser dans son courrier si l’on veut sur l’enveloppe ou en objet : Café Lettres ou Café Philo)
  • soit par téléphone (ZéroCinq 65 27 19 27)
  • soit par mail : jjmuabc [arobaz] gmail.com

À sa convenance, seul, ou avec réservation, en groupe

Les rencontres, restreintes ou élargies, traitent ces sujets soit sur le mode “Philo” (en discutant), soit sur le mode “Lettres” (en proposant ses lectures).
Il est possible de mettre en commun les démarches de chacun.
Tout peut s’échanger librement, nos points de vue et nos livres.
Suffit d’un lieu et d’un moment.

Le lieu

À la bouquinerie d’ABC’éditions Ah Bienvenus Clandestins !
                                                                      au 6, rue du Majou, à Gourdon (46300)
Sur place, un espace accueillant à la disposition de toutes les personnes proposant des alternatives aux néocolonialismes, aux patriarcats et aux conceptions européo-centrées.

Le moment

En journée et/ou en soirée, semaine et/ou week-ends, jours fériés ou pas, et, quoi qu’il en soit, surtout, quand l’envie et le besoin se font sentir de traiter les questions qui tiennent à cœur…
Sondage pour convenir les moments d’échanges : https://framadate.org/5GS71xFjsBQgO3t3

Le calendrier

Au gré des inscriptions et des prolongements éventuels. Les sujets sont fournis d’un mois sur l’autre, et souvent en fonction des événements liés à l’actualité.

  • Thème d’octobre 2016 : Peuples & migration

    Question : « Si tout n’est pas noir ou blanc, alors, quelles sont les couleurs du monde, de la vie… et des gens ? »
    Lectures : Peuples premiers
    – Eduardo Galeano : Mémoire du feu – Les naissances – Les visages et les masques – Le siècle du vent, traduit par Claude Couffon et Véra Binard, Lux éditeur, 1988

  • Thème de novembre 2016 : Cuisines & indépendances

    Question : « Les revenus dont on peine à revenir : les Travaux & les Jours, ce qui fait vivre, vivre les affaires, et la vie qu’on se fait »
    Lectures : Travail et revenus
    – Dominique Méda et Patricia Vendramin : Réinventer le travail, coll. Le lien social, PUF 2013
    – David Graeber : Comme si nous étions déjà libres (La démocratie en projet : histoire, crise,mouvement), traduction Alexie Doucet, Lux éditeurs, 2014
    – Bernard Friot : Émanciper le travail, entretiens avec Patrick Sechs, La Dispute, août 2014

  • Thème de décembre 2016 : Sexisme à tous les étages

    Question (genrée) : Les féminismes font-ils partie des droits de l’homme ?
    Lectures : non patrimoniales, non paternalistes, non patriarcales, non phallocratiques, non machistes (chiche !)…
    – Christine Delphy : Un universalisme si particulier, Féminisme et exception française, Syllepse 2010
    – Éric Fassin, Véronique Margron : Homme, femme, quelle différence ? La “théorie du genre” en débat, coll. controverses, éd. Salvator 2011

Et, bien entendu, toujours, les parutions d’ABC’éditions Ah Bienvenus Clandestins !

Sondage pour convenir les moments d’échanges : https://framadate.org/5GS71xFjsBQgO3t3

Et les conflits, toujours possibles ?

Inévitables sans doute, d’accord, mais…
– réglés par le respect de la parole (confiance dans la sincérité des personnes, arguments référencés, propos prudents et mesurés, subjectivité reconnue et acceptée) ;
– et sans aucune pression ni intimidation d’aucune sorte (le groupe garantit la sérénité des échanges). Violences et brutalités sont hors de mise. La confidentialité et l’anonymat des expériences personnelles communiquées est préservée.

Pour mémoire, le mode muet (et non intrusif) pour réagir pendant que parle quelqu’un :

nuit-debout-toulouse-convergence-luttes-sociales

Autour d’une table servie…

… Servir quelques sujets de préoccupations et des livres qui font mûrir.

Le +
Avec l’adhésion de 10 € par an à l’association,
produits bios et végétariens, locaux et de saison pris sur place à prix préférentiels

à tout bientôt ?

Si tout n’est pas noir ou blanc,
de quelles couleurs sont donc la vie, le monde… et les gens ?

 

À propos de ce thème Peuples & migrations, les hasards de la programmation cinématographique dans le Lot nous donnent l’occasion d’anticiper avec la diffusion lundi 19 septembre à  Biars sur Céré du film documentaire de Gilles Pérez : Tout noir, tout blanc.